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    Les pétrins 

    Conçus pour pétrir le pain, mais aussi tables et garde-manger, ces grands coffres étaient très nombreux dans les campagnes. Chaque ferme possédait le sien.

     

    Au XVIIe siècle, les paysans reçurent l'autorisation de moudre le grain et de pétrir la pâte, ils obtenaient enfin le droit de faire leur pain. une aubaine pour la majorité d'entre eux, car, partout dans le royaume, le blé constituait la base de l'agriculture et le pain l'essentiel de leur nourriture. Cette évolution n'a pas marqué les villes, difficile et inutile d'y cuire son propre pain, mieux valait l'acheter chez le boulanger dont le four rougeoyait toutes les nuits. Dans les campagnes en revanche, c'était une opportunité que personne ne laissa échapper. Dès le début du XVIIIe siècle, toutes les femmes s'enrichirent du meuble qui allait permettre de travailler et conserver la pâte.

     Chez les paysans pauvres, sa place était dans la salle commune, chez les plus aisés, on l'installait à l'office ou dans la pièce qui abritait le four. Ce meuble n'était pas inédit, il existait depuis plusieurs siècles chez les boulangers et se présentaient sous la forme d'un coffre en demi-cylindre ou sous l'aspect d'une auge trapézoïdale aux parois évasées. On l'appelait "huche à pétrir" voire "pétrissoire" avant qu'il ne devienne "maie" ou "pétrin". Le pétrin avait pour obligation de permettre de mélanger de la farine, du sel, et de l'eau, on lui demandait aussi de conserver la pâte une fois pétrie, en préservant l'humidité. Les plus riches lui offraient les meilleurs bois : chêne, noyer, merisier selon les régions, les autres se contentaient des essences locales : pin, hêtre, orme.... 

     Pour travailler à bonne hauteur sans se briser le dos, les utilisateurs commandaient à leurs ébénistes des pétrins montés sur pieds. De hauteur variable, calqués sur la taille des utilisateurs ...ou plus simplement sur les habitudes locales. La grande majorité des pièces que l'on trouve aujourd'hui en sont pourvues, seuls les pétrins de boulanger sont parfois au niveau du sol, en raison de leurs grandes dimensions. Les placer sur des pieds aurait compliqué la tâche des ébénistes et coûté très cher à leurs utilisateurs.

    Pour protéger la pâte, les pétrins étaient couverts d'un plateau, simplement posé, sans charnières ni fixations, mais parfois en deux parties, ce couvercle ne bénéficiait pas toujours du même égard que le reste du meuble. Conçu pour être léger, son bois était parfois de qualité inférieure. Ce plateau a permis au pétrin de jouer d'autres rôles que celui de ses origines, il est devenu table de travail ou de repas. Dans les familles pauvres, on faisait l'économie d'une vrai table et tout le monde s'y rassemblait pour manger, parfois on s'asseyait tant bien que mal autour du meuble, mais le plus souvent on manger debout.

     En jouant les tables familiales, le pétrin a fini par conquérir un autre rôle : celui de garde-manger. En marge du pain, il abritait aussi les victuailles, pratique puisqu'il suffisait de soulever le plateau pour y puiser, et généralement efficace car, perché sur ses pieds, le pétrin était à l'abri des animaux. Cette vocation parallèle a favorisé la longue carrière des pétrins. au fil du XIXe siècle, et surtout au début du XXe, quand les paysans ont progressivement cessé de faire leur pain, ces meubles ont conservé leur utilité, assurant ainsi leur préservation en grand nombre.

     Photos prises sur le net 


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    La laitière

    C'est tous les matins autrefois qu'on achetait son lait à la marchande des rues ou à la fermière qui le vendait chez elle, tout chaud, tout frais aussitôt après la traite. "Au lait, commère, ça voisine ! " crie-t-on déjà au XIIIe siècle pour alerter les Parisiens qui veulent du lait frais pour leur petit déjeuner.

    Aux XVIIe et XVIIIe siècles, postée aux coins des rues ou bien sous les portes cochères, la marchande de lait accompagne toujours de son chant les premières lueurs du matin : Â mon bon lait chaud ! qui veut du bon lait ! ça tôt le pot nourrices ! la laitière, allons vite ! On la trouve souvent représentée sur les gravures avec le marchand d'oublies (petits gâteaux plats) pourtant vendeur du soir.

    Le lait frais est mis à l'honneur au XVIIe siècle , le lait de chèvre et plus encore celui d'ânesse remportent les suffrages. Les laitières arrivent tôt le matin et jettent leur cri accoutumé et perçant. Aussitôt les petites filles à moitié habillées, en pantoufles, les cheveux épars s'empressent de descendre de leur quatrième étage, et chacune de prendre pour deux ou trois liards de lait. Si les laitières manquaient d'arriver à l'heure, ce serait une famine dans les déjeuners féminins. A neuf heures tout le lait aqueux est distribué. 

    Cette consommation est devenue considérable depuis que le peuple, ne sachant quoi boire vu les impôts et la fiscalisation, a pris un goût effréné pour le café au lait; c'est une habitude journalière dans les trois quarts des maisons de la ville, La marchande de lait vient souvent de loin car elle approvisionne dans les villages parfois distants de la capitale. Dans la tradition, elle porte une cotte rouge, a souvent le visage ridé et le teint basané. Elle se déplace avec son vase rempli de lait sur la tête et un pot à la main.

    Avec le succès rencontré par le lait viennent les fraudes. Les acheteurs redoutent des tricheries de certaines marchandes : elles coupent parfois le lait qu'elles vendent avec de l'eau et y ajoutent un peu de farine pour que leur falsification soit moins visible, ou bien elles retirent la crème du lait avant de le vendre.

    Par-dessus tout, on se méfie des récipients de cuivre, fréquent sous l'Ancien Régime, car c'est un métal qui produit de l'arsenic quand il est mal entretenu et qu'il s'oxyde. On préfère dons s'adresser à des marchandes de lait utilisant des pots de terre, mais qui seront plus lourds et plus fragiles. Les pots en cuivre sont finalement interdits et remplacés sous le Première Empire par les grands bidons en fer-blanc, désormais présents dans toutes les fermes.

    Perrette sur sa tête ayant un pot au lait...bien posé sur un coussinet...... On connaît tous cette fable de La Fontaine. Le pot posé sur le coussinet nous semble une méthode de transport très ancienne....Mais c'est pourtant celle que l'on pratique en Bretagne encore jusqu'à la guerre de 1914. Avec des pots en terre rappelant les amphores romaines, un seul sur des serviettes roulées et posées en couronne sur la tête, ou bien deux posés en équilibre sur une planche.

    En Basse-Normandie, on portait autrefois le lait sur l'épaule, dans un grand pot en métal. Une corde passée autour de son col surplombe la tête de la laitière et vient s'enrouler autour de son bras levé (le bras opposé à l'épaule qui supporte le pot).

    Dans le Cantal, la marchande de lait préfère utiliser une barre en bois horizontale sur les épaules, avec les bidons de laits accrochés de chaque côté par des chaînes comme un porteur d'eau.

    Si la route est longue ou les vaches nombreuses et le lait abondant, il faut utiliser d'autres méthodes de transport. A chaque famille sa solution, en fonction de ses capacités. Les plus modestes font tirer leur petite charrette de lait par un chien (autorisait comme animal de trait jusqu'en 1911), d'autres accrochent un bidon de lait de chaque côté d'un ânon, ou plusieurs sur des grands portants en bois. La laitière n'hésite pas à s'assoir elle aussi sur l'âne si celui-ci est suffisamment fort.

    A la fin du XIXe siècle se multiplient dans les campagnes françaises les coopératives agricoles, elles sont particulièrement actives à partir de l'entre-deux-guerres. Les agriculteurs vendent désormais le lait frais au laitier de la coopérative qui passe tous les matins dans les fermes. Certaines fermières gardent le lait d'une traite pour le transformer en beurre  ou en fromage et pour celles de ses "pratiques", c'est à dire ses clients habituels, souvent des voisins qui ont pris l'habitude de venir s'approvisionner chez elle en lait frais, produits laitiers, en oeufs et volailles.

    Aujourd'hui les ramassages collectifs et les procédés de conservation ont fait disparaître la laitière.

    Photos du net

     


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    Très en vogue jadis en France, Espagne, Italie

    3 façons de les cuisiner

     

     

    On ôte la peau, on met dessus un peu de sel pilé de la farine et on les fait frire jusqu'à ce qu'ils deviennent croquants.

    Ou faire une pâte avec de la farine détrempé de bière ou de vin, on ajoute 1/2 verre d'huile, du sel,  on les fait frire à moitié puis on les met dans cette pâte, puis dans de la friture et on les sert garnies de persil frais..

    On peut les faire mariner avec oignons, persil, poivre, clou de girofle, vinaigre et un peu de bouillon, puis les tremper dans des oeufs battus et on les pane avant de les faire frire.

    Savez vous ce que c'est ???


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     La crécelle

     Une crécelle est un instrument de musique idiophone datant du Moyen Âge aussi appelée BROUAN ou TARTULEUIL, et répandue aujourd'hui encore partout en Europe.

    La crécelle 

    De conception et d'utilisation simples, elle est un instrument populaire mais aussi un jouet pour les enfants Ce terme est attesté depuis la Ier moitié du XIVe siècle mais son origine n'est pas connu, l'hypothèse selon laquelle ce terme dériverait de "crépitareé qui signifie "craquer" n'est pas satisfaisante du point de vue morphologique.  Grâce au bruit puissant qu'elle émet; elle était utilisée au Québec par les femmes des agriculteurs pour appeler leur mari au champ, avant le mécanisation de l'agriculture.

    La crécelle

    Dans la liturgie catholique, avant au Vatican II, maniée dans les rues par les enfants de choeur, elle annonçait les offices durant le Triduum pascal en remplacement des cloches.  On l'utilisait aussi afin d'avertir du passage de personnes infectieuses, atteintes de maladies redoutées au Moyen Âge : la lèpre, la peste.  Petite (5 cm) ou géante (5 m), manuelle ou mécanisée, elle est composée d'un manche et d'une partie rotative parfois multiple dont la lame en bois racle et craque sur la partie crantée du manche.

    La crécelle

     Dotée d'un son puissant, elle était utilisée dans les monastères et durant les carnavals (en Suisse notamment) ou charivaris. C'est un élément important de la fête juive de pourin où elle retentit à chaque évocation de Haman durant l'office religieux.. Elle est également utilisée dans l'Est de la France au moment de Pâques où les enfants l'utilisent 

     


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     La carte routière

    La carte routière est une représentation schématique des axes routiers destiné principalement aux automobilistes pour trouver leur itinéraire et pour identifier et rejoindre des points remarquables

    Dater avec précision les premières cartes routières éditées en France est difficile, car l'édition découle d'une demande nouvelle liée à l'augmentation des déplacements à la fin du XIXe siècle.

     Ce sont d'abord les associations vélocipédiques, en ressemblant les informations des clubs régionaux qui réalisent les premières cartes distribuées par différents éditeurs géographes. Les plus anciennes cartes routières sont vélocipédiques, connues en France datent de 1893 et elles font largement référence à la carte d'Etat Major ou aux cartes couleurs produites par l'armée. Conçues pour les "cyclistes" ou les "cyclistes automobilistes", ces cartes ne conserveront plus que "l'automobile" comme destinataire vers 1905 

     A une époque où les automobilistes sont rares et les routes peu adaptées à leur fréquentation, ces cartes sont une aide précieuse. Elles indiquent le sens des pentes par des signes évoluant en fonction de la difficulté, les distances entre les agglomérations et leur taille, le type et la dimension des routes ainsi que leur état (terre, macadan, revêtement pavé) l'état des bas côtés (fossés, trottoirs) et détail important les téléphones et télégraphes disponibles.

    Les cartes les moins chères sont en papier et se présentant dans un emballage de la même matière, mais il existe des modèles entoilés plus résistants et aussi plus coûteux. La carte Michelin n'apparaît qu'en 1905, elle innove par son système plus rapide à consulter comme à replier avec sa couverture intégrée et par son accordéon forme que se maintiendra jusqu'à aujourd'hui . Michelin obtiendra également un progrès important, le bornage des routes en 1911 qui se retrouvera indiqué sur les cartes imprimées.

    La carte routière comporte également une indication de kilométrages séparant les principaux carrefours et agglomération de façon à permettre le calcul  de la distance totale de son itinéraire. Elles ont été également publiées  en atlas de formats divers. de nos jours elles se trouvent sous format numérique, sur internet ou sur C.D.ROM pour un usage accompagnant les GPS.

     Et bien moi je suis toujours une adepte de la carte routière !!!

     Photos du net

     


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