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    Brocs et pichets

    Les récipients destinés au service des boissons adoptent des allures et des tailles différentes selon l'usage auxquels ils sont destinés. 

      Les brocs à fond plat sont destinés à transvaser ou servir le vin ou le cidre grâce à leur large ouverture supérieure. Ils se distinguent par un col large et court et une anse latérale verticale. De rares modèles sont recouverts d'un couvercle plat. Les pichets sont initialement des petits brocs servant de mesure. Leur silhouette à fond plat ou sur un pied, reprend celles de leurs grands frères. Ils sont parfois réalisés en série de forme décroissante. Certains modèles sont appelés pots à lait, équipés d'un bec verseur et d'une anse arrondie, ils sont de formes cylindrique parfois légèrement coniques 

     Bon nombres de brocs et pichets affichent leurs différences. on trouve des pichets patronymiques qui portent le nom de leur commanditaire, souvent accompagné d'une date et d'une fonction. Des pichets commémoratifs ou souvenirs rappellent un mariage ou une naissance. ils peuvent aussi évoquer un évènement historique, très souvent postérieur à la Révolution. D'autres affichent des devises ou encore des slogans à la gloire du vin ou de la patrie.

     

     On peut rencontrer des pichets anthropomorphes à l'effigie d'un homme ou d'une femme. Ces modèles appelés pot à Jacquot adoptent des représentations humoristiques humoristiques de militaires, de membre du clergé ou de la noblesse française. Les pots Jacqueline sont en forme de femme assise ou debout. Tous possèdent généralement une panse arrondie plus ou moins sphérique. Les modèles Zoomorphes empruntent des formes animales de toute espèce (canards, cochons, coqs, perroquets, chats, chiens etc.)

     

     Très décorés les pichets trompeur ou surprise ou à secret possèdent une double paroi, celle qui est à l'extérieur est ajourée. Aussi pour verser l'eau, il faut la faire passer dans l'anse creuse qui la conduit jusqu'à un orifice verseur dissimulé. Très en vogue entre les années 1920 et 1930, les modèles publicitaires sont utilisés par les cafetiers pour conserver la fraîcheur de l'eau. D'autant que bon nombre d'apéritifs alcoolisés s'allongent d'eau.

     

     Les motifs, plus évolués aux couleurs vives sont affichés notamment sur les pièces en faïence (scènes de genre ou religieuses, végétaux, animaux....)  Faciles à remplir et à nettoyer grâce à leur large bec, ils sont cependant plus lourds que les carafes en verre qui ont le même usage. Leurs corps aux couleurs omniprésent exhibe le marque souvent mouillée.

    Pour mettre de l'eau dans le vin!!!

     Pour décorer les modèles, on trouve des motifs en applique qui sont ajoutés par application par barbotine, le relief peut être obtenu par moulage pour les pièces fabriquées en série.  Les coulures sont fréquentes, notamment sur les terres vernissées et les grès, ces décors en relief sont réalisés avec de l'engobe coloré liquide qui coule sur la surface de la pièces  Enfin les marbrures, terres mêlées, jaspées et pâtes colorées donnent naissance à des effets après la cuisson.

    Pour mettre de l'eau dans le vin!!!

     Chaque atelier affirme sa particularité en créant ses propres motifs. Les décors les plus sobres se retrouvent sur des brocs et pichets généralement en terre vernissée ou en grès (figures géométriques comme des semis, pointillés, spirales, bandes.....)

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    Les épingles à cravate

     

    Jusque dans les années 1930, une cravate sans épingle était nue... et son porteur aussi. Sans cravate, l'épingle n'existerait pas.

     

    Pourtant, ces accessoires ont précédé la naissance de la cravate. en fait, ils descendent le l'épingle à jabot, élément décoratif que les élégants fixaient dès le XVIIe siècle sur les pièces de tissus en dentelles nouées sur la poitrine. Après de multiples transformations, la cravate devient l'ornement que l'on connaît aujourd'hui : un tissu long, noué de telle façon que ses deux pans doivent être tenus dans une position idéale par une épingle.

     Aussitôt, les épingles de cravate, pourtant discrètes, deviennent des ornements indispensables pour les hommes de goût. Les fabricants puisent dans un large répertoire décoratif pour répondre à toutes les demandes : des motifs animaliers aux fleurs, en passant par de simples figures géométriques ou des personnages. Symbole de l'élégance, elles permettent également d'afficher son appartenance à un groupe politique, religieux, professionnels ou associatifs.

    Les épingles à cravate 

    Plébiscitées par la haute société et les dandys, les épingles de cravate sont déclinées dans des matériaux luxueux, notamment lorsqu'elles sont signées par de grands joailliers. elles combinent alors métaux précieux et perles ou pierres fines. A partir de la fin du XIXe siècle, une production de série, souvent fantaisiste, se distingue des des matières plus modestes. Dès les années 1930, et malgré la créativité des joailliers, les épingles passent de mode. Après la Seconde guerre mondiale, elles s'éclipsent au profit des pinces de cravate qui fixent ses deux pans dans l'épaisseur de la chemise au-dessus de la boutonnière.

     

    Sauf exception, les têtes des épingles de cravate arborent des motifs multiples et variés. Les plus courants sont les formes géométriques diverses : étoiles, croissants de lune, des formes à facettes, sphères, cylindres, losanges. La nature et les fleurs ont inspiré les créateurs, fleurs entières dont les étamines sont matérialisées par des pierres, des marguerites formées par des diamants, des tulipes, des muguets, des feuilles de platane ou de marronnier....

    Les épingles à cravate

     Bon nombres d'épingles sont ornées d'animaux ou de têtes d'animaux (dauphins, serpents, oiseaux, scarabées, abeilles...) mais aussi de créatures fabuleuses (chimères, dragons, cerbères, licornes..) Des personnages historiques sont immortalisés : rois, hommes politiques, papes, mais aussi des gladiateurs. Dans le domaines des arts, on retrouve des masques et acteurs de théâtre, des instruments de musique, des héros de la littérature, de contes, de fables ou chansons. Les épingles s'agrémentent d'emblèmes comme des blasons des villes et des régions, des armes de famille, des écussons, des emblèmes des corps d'armée

     

    Les sports sont fréquemment affichés, clubs de golf, ballons de football, raquettes de tennis, équipements de cavaliers sont réalisés....Les modes de transport se retrouvent volontiers : des avions avec hélices, vélo avec guidon tournant, voitures avec roues pivotantes. Les modèles publicitaires ne sont pas rares, le répertoire romantique riche de Cupidons, angelots, amours, muses, nymphes.....On trouve aussi des photos protégées par un verre, des mains tenant une perle, des pantins articulés, des arlequins, des sabres, et des têtes de mort.

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    Sabotier

    Dans les campagnes, tout le monde porte sabots. Une situation qui va durer jusqu'au milieu du XXe siècle, il n'y a pas si longtemps. Le métier de sabotier reste pourtant un métier de pauvres que l'on pratique en forêt et qui nourrit mal.

    Les paysans autrefois font autrefois font parfois leurs sabots eux-mêmes, la matière première est à portée de main et la forme n'est pas difficile à tailler. Ce métier reste pourtant l'un des principaux artisanats de l'Ancien Régime. Seul le sabotier connaît l'art de bien les sculpter, de les garnir de cuir ou de les clouter pour les renforcer.

    Les sabotiers les plus pauvres travaillent dans la forêt, transportant établi, cabane, famille et basse-cour au gré des coupes. Ils vivent là tout ou partie de l'année choisissant leur bois ( noyer, aulne, pin, bouleau.....mais surtout vieux et sain), le dégrossissant, en ébauchant la forme et en creusant les sabots. Femmes et enfants participent au travail en ramassant les fagots et allumant le feu. Les travaux de finition sont effectués au village, où les sabotiers les plus aisés ont une échoppe. Les autres vendent leurs produits sur les marchés, mais aucun sabotier ne vit confortablement de la vente de ses sabots.

    Les artisans sont les maîtres de l'ornement des sabots, mais les paysans décorent aussi leurs sabots de fête au cours des longues veillées d'hiver, une tradition particulièrement vivace dans les régions de montagne.  On y dessine des motifs géométriques et on passe parfois le bois au brou de noix pour le colorer et en masquer les imperfections.

    Le travail se modernise à partir de la fin du XIXe siècle avec l'apparition des scies mécaniques, puis les sabots commencent à se faire en usine vers 1920....avant de disparaître de nos pieds. Une désaffection pour le sabot commence à se faire sentir dès l'entre-deux-guerres. Ce sont les galoches, au début du XXe siècle, qui détrônent les sabots. compromis entre la chaussure de cuir, encore trop chère pour beaucoup de bourses, et le sabot, la galoche a une empeigne en cuir et une semelle en bois. Moins lourde que le sabot, elle chausse mieux le pied des enfants qui ont souvent des kilomètres à faire pour se rendre à l'école. 

    Les sabots ne sont plus fabriqués maintenant que pour les fêtes traditionnelles en costume ou bien en miniatures pour les touristes.

    Le sabot est appelé esclop dans le Midi de la France, klumpe en Alsace, botoù koat en Bretagne.... des mots qui sonnent comme des onomatopées et paraissent évoquer le bruit qu'il fait....

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    La chaise longue

    L'aventure de la chaise longue commence au XVIIe siècle. Il s'agit de modèles de salon, créés pour la relaxation des dames. Leur conception est très simple, une chaise capitonnée ou un fauteuil pour base, avec une allonge pour les jambes. La plupart sont réalisées d'un seul tenant , d'autres sont scindées en deux parties. 

    Au fil du XVIIIe siècle, ces chaises longues vont conquérir les salons par leur confort et leur raffinement. De multiples modèles et variantes apparaissent : de "l'ottomane" à la duchesse brisée" en passant par la "turquoise". Ces sièges sont uniquement conçus pour l'intérieur, dommage, car on aimerait les sortir de leurs salons quand le soleil brille. Certes, on les installe parfois dans les jardins, mais ils sont trop chauds pour l'été  et si lourds à déplacer. 

    Chaise longue duchesse brisée

    Pour séduire les belles sous les frondaisons, il faut donc imaginer d'autres meubles, plus simples, plus légers, mais tout aussi confortables. Facile ! en éliminant le capitonnage, en laissant le bois à nu, en greffant des charnières pour les replier, le tour est joué. Cet évolution se développe surtout au XIXe siècle, à quelques exceptions près.

    Profiter de la nature devient une obsession pour les citadins, même la grande bourgeoisie prend ses quartiers d'été à la campagne pour profiter de son jardin. Quand aux plus riches, ils apprécient toute l'année ces plaisirs naturels grâce à leurs jardins d'hiver. Cet engouement impose des meubles de plus en plus légers, que l'on peut déplacer au gré des rayons du soleil et mettre à l'abri quand le temps se gâte.

    Chaise longue en rotin

    Fin du XIXe siècle, la vannerie qui se popularise apporte une solution intéressante mais le bois demeure le matériau préféré des Français, il restera jusqu'au début du XXe siècle en trouvant même des débouchés inattendus sur les mers.

    Chaise longue en vannerie

    Les chaises longues en bois ont subi les premières attaques de la vannerie. ,Ces créations ont une légèreté incomparable, des formes nouvelles que n'ont pas celles en bois. Au XXe siècle les chaises longues en vannerie se sont multipliées, depuis les banals fauteuils de jardins équipés d'un repose-pied jusqu'aux chaises longues entièrement repliables ou transformables en lits d'appoint.

     

     


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     Les phonographes

    Ancêtres des chaînes hi-fi modernes, les phonographes ont vu le jour à la fin du XIXe siècle. Aux termes de longues carrières, ils sont entrés dans l'univers des objets décoratifs, mais certains n'ont pas oublié la musique !!!

    Un petit air de musique !!!

    L'histoire commence en 1857, quand le Français Léon Scott de Martinville dépose le brevet de "phonautographe" En 1877, son compatriote Charles Cros, développe un nouvel appareil qui prend le nom de "phonographe". Mais c'est l'Américain Thomas Edison qui donne, dès 1878, le vrai départ de l'exploitation commerciale des "machines à diffuser le son". Un cylindre mobile, recouvert d'une feuille d'étain, est relié à un diaphragme qui vibre et transmet les sons.

    Un petit air de musique !!!

    Pour enregistrer, il suffit d'avoir recours à un stylet graveur qui creuse un sillon sur le cylindre, le tout est animé par une mécanique à ressort que l'on remonte à l'aide d'une manivelle. Très vite, l'invention séduit le grand public qui bouscule les diverses appellations techniques de ces nouveaux engins en leur octroyant le terme générique simplifié de "phonos".

    Un petit air de musique !!!

    Dès les années 1890, des marques américaines comme Edison, Columbia ou encore Graphophone partent à la conquête du monde...En France, Pathé les suit avec, pour emblème, un coq qui clame sa devise "je chante haut et clair". D'abord conçus pour lire des cylindres les appareils optent en masse, à la veille du XXe siècle, pour les disques qui ont vu le jour en 1888. Ces derniers offrent une durée d'écoute plus longue, et leur palette se révèle moins fragile et plus facile à ranger que les cylindres en cire, dont le coût de fabrication est élevé. En France les rouleaux disparaîtront à l'orée de la Première Guerre mondiale.

    Un petit air de musique !!!

    Les phonographes à disques se remontent à l'aide d'une manivelle que l'on glisse dans la caisse. Tourner cette manivelle engendre la tension d'un ou plusieurs ressorts, libérés, ces derniers se déroulent en entraînant un arbre qui fait tourner le plateau. Afin d'accélérer ou de ralentir le rythme, l'appareil dispose d'un régulateur composé de masselottes et de lamelles, leur vitesse peut ainsi varier de 100 à 50 tours, la valeur la plus souvent retenue étant, à l'époque, celle de 78 tours

    Un petit air de musique !!!

    Tous les phonographes vendus à l'aube du XXe siècle ne sont pas à pavillon, l'âge d'or de ces derniers ne durera en effet qu'une vingtaine d'années. Dès les années 1910, on voit apparaître de nombreux modèles, toujours mécaniques, mais dont le pavillon est remplacé par un compartiment de résonance placé dans la boîte elle-même. Une ou deux portes permettent de réduire à volonté le puissance de l'émission, dès lors la taille des phonos va diminuer et permettre à chacun d'emporter sa musique avec lui, grâce aux phonos-valises lancés à la fin des années 1920.

    Un petit air de musique !!!

    Gramophone 

    Solides, d'entretien limité, les phonos mécaniques règneront sans partage pendant une trentaine d'années. Mais comme bien d'autres inventions du XIXe siècle, ils finiront par s'éclipser devant la fée électricité, dans les années 1950, elle donnera naissance à une nouvelle génération de machines : les électrophones.

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