• Souvenirs....

     

     

    Autrefois dans chaque ferme on cultivait du tabac, je vous en parle mais sachez que je suis contre le tabagisme, cultiver ne veut pas dire fumer !!!

    Souvenirs....

    Pour cultiver du tabac, pour être "planteur" il fallait être autorisé par l'administration, un régie d'état contrôlait la production du tabac en France depuis 1855. Dans la première quinzaine de mars on semait la graine fournie par l'administration dans un coin du potager sur une couche de sable qu'on aplatissait avec une pelle. A la fin du mois de mai début juin on le plantait dans une terre légère, meuble,, nourrie de fumier et d'engrais

     Chaque planteur ne pouvait planter que le nombre de pieds spécifié par la régie. On choisissait les pieds les plus vigoureux aux feuilles les plus vertes, il fallait suivre les ordres : 40 cm entre les pieds, 70 cm entre les rangées, à chaque maillon on faisait un trou avec un plantoir de bois et on plantait un pied. Puis "l'employé"  du tabac venait compter les pieds, s'il y en avait trop il fallait les arracher.

    Pendant 4 mois il fallait en prendre soin, sarcler, enlever l'herbe, biner si la terre durcissait, mettre de l'engrais par temps de pluie, arroser par temps sec. Il fallait aussi quand il avait bien poussé, le "régler", enlever les feuilles de bas sur une hauteur de 10 à 15 cm. Plus tard vers juillet, il faut écimer pour qu'il ne fleurisse pas puis enlever les bourgeons qui naissent à l'aisselle de chaque feuille et ça plus d'une fois. Une fois "réglé" il ne reste que 8 à 10 feuilles par pied.

    Quand la feuille est marbrée le tabac est mûr on le coupe, les pieds doivent flétrir pour que les feuilles ne se brisent pas, puis on les chargent sur la remorque. On l'amène dans le séchoir grand hangar tout noir, les pieds sont attachés en guirlandes sur des ficelles suspendues par une esse à une mécanique qui monte et accroche la cordée à un fil de fer.

    Puis on surveille le séchage on ouvre quand le temps est sec et ferme le soir à cause de l'humidité. Les feuilles peu à peu prennent la couleur du "tabac". Ensuite on le décroche et arrive l'effeuillage, on enlève les feuilles des troncs.

    Vient ensuite le triage les feuilles une par une sont étalées, étirées, mesurées et classées, d'un côté les feuilles basses, puis les médianes, et celles de la cime. Dans chaque longueur on choisit la couleur, les jolies, les noires, les pailleuses, les fines les fripées, les tachées, les trouées. Avec chaque catégorie on fait des paquets de 24 feuilles que l'on noue avec une feuille on appelle ça "les manoques".

    Février, on fait des balles, les manoques (entre 180 et 200) de la même catégories sont placées dans un moule la pointe vers l'intérieur, on serre avec des cordes puis on lie avec des sangles, la balle est faite sortie du moule bien carrée. Enfin on les amène à l'entrepôt de tabac.

    Le lendemain, l'acheteur de la régie et un expert se charge d'établir le prix, ils examinent longuement les balles, le prix dépend naturellement de la qualité et quantité. Les balles sont pesées et défaites, on récupère les sangles, on nous donne la graine pour la prochaine récolte, on reçoit la feuille de classement et le mandat.

    J'ai passé ma jeunesse à cultiver du tabac avec mes parents, ils ne se sont pas enrichis loin de là car une fois sorti les frais et partager avec le patron, ils avaient beaucoup travaillé pour une somme dérisoire. Certaines années étaient bonnes, d'autres moins et toujours la hantise d'un orage qui serait venu tout détruire ou simplement abimer les feuilles qui partaient alors au rébus. Je vous parle du travail de la terre, il faut savoir que mes parents métayers ont beaucoup travaillé et dur mais ils n'avaient pas le choix. j'ai vécu au milieu du tabac, les mains, les cheveux les vêtements tout avait l'odeur du tabac, j'aimais cette odeur, mais cela ne m'a jamais donnée envie de fumer, c'est une période de ma vie dont je garde un bon souvenir.....

    Merci d'avoir prit le temps de me lire

     

     

     

     

     

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  • Commentaires

    6
    Lundi 23 Avril à 06:26

    je ne connaissais pas 

    belle découverte pour moi merci ma belle 

    5
    Jeudi 19 Avril à 23:09

    Bonsoir calacaline,

    Ton article est très intéressant. Tu expliques bien tout du début jusqu'à la fin de ce travail que tu connais bien. Une vie pas facile, beaucoup de travail pour un petit pécule. Il est loin ce temps et pourtant ça râle encore et toujours.

    Les photographies sont les tiennes ? Est-ce tes parents que l'on voit ?

    Passionnant ton article et très bien illustré. J’aime beaucoup.

    Gros bisous et bonne nuit à vous deux.

    4
    Jeudi 19 Avril à 20:15

    Bonsoir ma chère tite Jackie,

    Merci pour ce bel article qui a fait travaillé tant de gens.

    J'ai connu cette époque avec ces champs de tabac.

    Il en existait beaucoup en Alsace.

    Bisous et bonne soirée 

    Aimée

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    3
    Jeudi 19 Avril à 15:57

    Par chez moi, on ne cultivait pas de feuilles de tabac, mais par contre j'ai été visité avec ma classe une manufacture  qui n'existe plus à présent, où il faisait des cigares avec les feuilles de tabac.

    Cela devait être un sacré travail, je lis des livres de Christian Signol où il parle des métayers, j'adore ses livres.

    Bisous

    2
    Jeudi 19 Avril à 15:02

    Bonjour Jackie

    Voilà un partage très intéressant , merci Jackie .

    Je te souhaite un excellent après-midi.

    Gros bisous

    1
    Jeudi 19 Avril à 13:49

    Bonjour Jackie, même dans les caves en ville, pendant et après-guerre, les hommes cultivaient le tabac, bisous et bon après midi.

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